En mai 2023, alors qu’elle finissait ses études en hôtellerie à l’ITHQ, Audrey Nadeau Fréchette achetait un motel à Drummondville. Son premier. Car cette diplômée n’a pas l’intention de s’arrêter là!
Lorsqu’elle était enfant, Audrey a eu la chance de faire quelques voyages dans les Caraïbes avec ses parents. À 13 ans, alors qu’elle regardait les hôtels en bordure de plage, une idée lui est venue : « ça serait cool d’avoir un hôtel dans le Sud ». Ses parents, qui aimaient l’idée, l’ont prévenue qu’il faudrait qu’elle travaille fort pour y arriver. Ce qu’elle a fait.
À 16 ans, Audrey commence à travailler dans un hôtel de Sherbrooke afin de valider son désir d’aller étudier en hôtellerie à l’ITHQ. Cet emploi étudiant lui confirme qu’elle est à la bonne place et son acceptation dans le réputé programme de l’institution montréalaise lui permet d’alimenter son rêve d’avoir un jour son hôtel.
D’étudiante à propriétaire
Pendant ses trois années d’études en hôtellerie, Audrey partage son temps entre Montréal et Sherbrooke, où elle continue à gravir les échelons à l’hôtel où elle travaille. Sa dernière session d’études est particulièrement intense, car en plus des cours condensés, de son stage final et de son emploi à temps partiel, Audrey est en processus d’achat du motel Alouette, à Drummondville.
Il n’y a peut-être pas de plage ici, mais je me suis dit qu’il fallait que je commence quelque part. Depuis que j’ai 13 ans que j’ai ce rêve-là, d’avoir mon hôtel. Un jour, ça sera dans un pays au chaud, mais en ce moment c’est un motel au Québec… dans le frette! (Rires) »
Tout s’est passé très vite pour la jeune femme de 20 ans. C’est même son père qui l’a encouragée à aller sur le terrain pour apprendre les rudiments de l’entreprenariat. « Ce n’était pas dans mes plans d’acheter un motel. Honnêtement, je ne pensais pas devenir propriétaire si tôt », raconte-t-elle.

Audrey n’aurait pas pu faire l’achat du motel de 22 chambres sans le soutien de ses parents, autant financier que moral. « Je suis vraiment chanceuse et très reconnaissante pour toute l’aide qu’ils m’offrent, parce qu’ils croient en moi », souligne-t-elle.
Du motel Alouette au motel ANF
Les achats d’entreprise sont souvent source de surprise. Il y en avait d’ailleurs une qui attendait la jeune entrepreneure : la mauvaise réputation du motel. « Avant de l’acheter, je ne réalisais pas à quel point il avait une mauvaise réputation. C’est une fois que j’en ai pris possession que j’ai fait « Oh boy! Ok! » » Visites de la police, paiements en argent comptant, plaintes du voisinage… « Ce n’est pas que les clients faisaient des dommages aux chambres, mais plusieurs étaient, disons… louches! »
Audrey a fait du ménage et affirme être très sévère sur le choix de sa clientèle. « J’aime mieux perdre 100 $ que de perdre des clients », dit-elle. La nouvelle propriétaire des lieux a profité de ce grand ménage pour changer le nom du motel, qui porte désormais ses initiales. « Le motel porte mon nom, alors c’est important qu’il soit à mon image. »
Élever les standards
Pour que le motel ANF soit à son goût, Audrey a déjà entamé de nombreuses améliorations : changer tous les matelas et tous les téléviseurs, remplacer les stores par des rideaux, acheter de la nouvelle literie, installer des serrures intelligentes et des pompes à savon.
Le plus gros reste à faire : enlever les tapis, refaire les planchers, repeindre les murs et changer le mobilier. La nouvelle propriétaire aimerait aussi ajouter une vingt-troisième chambre… et voudrait que tous ces travaux soient faits d’ici un an. Avec son dynamisme et l’énergie de ses 20 ans, aucune crainte qu’elle y arrivera!
Audrey peut aussi compter sur deux employés : une jeune de 16 ans et une quinquagénaire. « Elles s’entendent super bien malgré la différence d’âge », souligne-t-elle. La propriétaire aimerait prochainement embaucher une troisième personne pour agrandir son équipe.
Vivre sa passion
Audrey ne manque pas de défis avec le motel ANF.
Ce que j’aime de l’hôtellerie c’est que c’est beaucoup de départements. Et plus c’est gros, plus il y a de branches et plus tu as de personnel à gérer et je trouve ça vraiment stimulant. Avec mon motel, c’est moi qui s’occupe de pas mal tout : marketing, finances, comptabilité, satisfaction des clients… Un hôtel ça serait encore plus de défis. Pour le moment, un motel c’est parfait et j’apprends énormément, finit-elle par dire. »
La jeune propriétaire du motel ANF a deux scénarios pour la suite des choses. Le premier : acheter un deuxième motel et créer une chaîne. Le deuxième : vendre ce motel pour acheter quelque chose de plus gros… comme un hôtel sur le bord de la mer. Une diplômée qui n’a pas fini de nous épater!